Ma peinture

Mon travail d’aquarelliste se réalise dans l’articulation de trois principes

Voir : le point de beauté Voir, c’est déjà créer.

Mais nous ne voyons plus, aveuglés par nos habitudes, nous ne percevons plus de la beauté que ses feux spectaculaires : couchers de soleil, mariages d’azur, d’émeraude et de sable blanc… Clichés…

Nous passons quotidiennement à coté de la beauté des choses sans la voir. Imaginez l’émerveillement d’un aveugle recouvrant soudainement la vue alors qu’il traverse la place d’une ville en apparence banale : tout alors devient beau ! La lumière qui traverse les jets d’eau, la gorge éblouissante des pigeons entre les chaussures colorées de touristes. Oui – tout alors devient beau car tout est beau. La beauté resplendissante des œuvres de la nature échappe à l’homme moderne.

Il a besoin d’un traducteur : le peintre, celui qui s’arrête devant un signe de la nature, qui le voit et qui le peint et qui crée. Lorsque je décide de peindre un sujet ce n’est pas le hasard qui me guide. Il existe un point précis, unique, qui correspond au maximum de beauté que peut dégager le sujet, qu’il s’agisse d’un paysage, d’un bouquet de fleur, d’un nu.

C’est le point de beauté : l’espace réduit d’un détail que mon regard va privilégier puis l’amplifier jusqu’à irradier le sujet. Capter ce point, c’est s’accorder au sujet et entrer dans son unité primordiale, être en accord étroit et constant avec les lignes de force de l’univers. Je me sens agir à travers lui lorsque je me mets à peindre. Abandonner l’intention et la raison, ne plus suivre que mon instinct et retrouver la spontanéité et la simplicité d’un cœur d’enfant. Ce point de beauté se déplace sans cesse, il n’est jamais le même. Aujourd’hui, la lumière le pose ici, demain c’est le brouillard qui le précise ailleurs et parfois il n’apparaîtra plus jamais à cet endroit. Mon regard est constamment tendu pour le découvrir.

Peindre : la lumière intérieure du sujet

Par sa délicatesse et sa transparence, la technique de l’aquarelle est capable de transcrire la beauté stupéfiante de la nature. L’infinie palette de couleurs associée à la vibration des pigments peut produire une lumière tout à fait comparable à l’éclat du soleil. Il n’y a pas de blanc sinon le papier. Il n’y a pas de noir sinon un mélange précis de plusieurs couleurs. Employer de la peinture noire reviendrait à casser l’harmonie du tableau. Les composantes de l’ombre sont de nature à inverser la qualité d’une aquarelle. Quelles couleurs composent l’ombre ? Toutes sauf noire ! En principe, ce sont les couleurs complémentaires de celles qui dominent dans la lumière. Et c’est de la réussite des ombres d’un tableau que dépend la qualité de lumière qu’il émet. Une aquarelle doit produire de la lumière, une lumière propre, intime comme si le tableau était éclairé de l’intérieur. Regardez un tableau dans la pénombre, il doit rester visible et même révéler d’avantage sa présence de sujet. Dans ce cas, l’aquarelle n’est plus une œuvre contemplative de la nature, mais une transmission réelle de l’harmonie des choses.

Transmettre : l’émotion picturale du bien-être

Transmettre au moyen d’un tableau une ambiance propre à favoriser des émotions positives, tel est mon but. L’harmonie contenue dans l’Aquarelle transfère de l’énergie et de la sérénité à celui qui la regarde. Elle agit comme un diffuseur de vitalité. Ce phénomène va s’accentuer dans la mesure où le contenu émotionnel de la nature est capté et transcrit de manière consciente et systématique par le peintre. Des signaux sont dissimulés dans l’aquarelle de manière à ce qu’ils ne soient pas vus consciemment par le spectateur. Mais son œil les captera. Il y a en fait superposition de deux tableaux et c’est dans la combinaison de ces deux éléments que se transmet le bien-être :

  • Le premier tableau va transmettre les émotions positives que je ressens devant le sujet : je transcris visuellement les parfums, les bruits, les sensations de bien-être par des signes, des dessins, des analogies de couleurs, des rythmes de contrastes.
  • Le second tableau, peint par-dessus, va mettre en scène tous ces signes et les intégrer de manière dissimulée au tableau final. L’observateur va ressentir les émotions en parcourant le tableau au fur et à mesure que son œil capte le réseau des signes. Il va – sans le savoir – regarder un tableau et lire une histoire.

Je ne dévoile jamais les tenants et les aboutissants de mes tableaux. Il appartient à celui qui regarde de ressentir et de découvrir une partie du réseau des signes. C’est la seule façon de s’approprier l’Aquarelle.

Pour vous initier à ma démarche, suivez mon regard.